le monde du blues

Floyd Beaumont & the Arkadelphians – Interview

Nous (Thomas) avons posé quelques questions à Enno, a.k.a. Floyd Beaumont

Le nom du groupe évoque tout sauf vos origines genevoises. On s’attend plus à découvrir un groupe de fringants américains avec un accent à couper au couteau. Vous aimez brouiller les pistes ?

En ce qui me concerne: assurément oui… et non. Il est vrai que de jouer sous des pseudonymes nous a menés à véritablement créer des personnages comme Floyd Beaumont ou Junior Ray G et au sein du groupe il s’est développé une identité “arkadelphienne”. J’avais aussi écrit une fausse biographie du personnage, avec plein de fausses références historiques mais qui sonnent comme un vrai article dans une histoire du blues. En pratique elle ne sert à rien, mais c’est typique de mon approche d’un groupe de musique comme un projet complet. À l’opposé, notre nom ne laisse pas de doute sur le fait qu’on ne joue pas du Death Metal.

C’est ou l’Arkadelphie ?

En fait, Arkadelphia est une petite ville dans le sud de l’état de l’Arkansas et elle n’a aucun lien particulier avec le blues. Un jour, en parcourant les disques de “field recordings” dans une discothèque municipale, je suis tombé sur le livret d’un CD avec un extrait d’une carte de l’Arkansas en image de fond. Au milieu figurait Arkadelphia. Le nom a tout de suite retenu mon attention car il symbolise un mélange typiquement Américain de racines locales, Ark- est originaire du langage des indiens Quapaw, et avec le mot grec -adelphia la recherche d’une histoire et d’une culture de la jeune nation américaine.

On vous a découvert comme bénévoles au Blues Rules il y a quelques années. Puis vous avez fait la grande scène, les garden sessions… Une rencontre, ou un moment qui vous a particulièrement marqué ?

On peut aussi en citer dix ou vingt?  Tous les moments que nous avons vécus lors de notre passage au BR étaient très forts. Personnellement je citerais les jam sessions backstage et sur le terrain ainsi que ma rencontre avec Ted Drozdowski et Joe Troop. Il y avait aussi plusieurs sets d’artistes fabuleux, comme Veronica Sbergia, Sarah Savoy, Blackberry et Mr. Boo Hoo par exemple.

Nous sommes impressionnés par la qualité du blues helvète. La Suisse est-elle l’autre pays du blues ?

Il est vrai que la scène blues en Suisse est plutôt vivante, les festivals sont nombreux et diversifiés et les associations d’amateurs du genre font un bon travail. Mais au final j’estime que l’autre pays du blues est dans les esprits et plus encore dans les cœurs des amoureux et passionnés de cette musique.

On vous a déjà dit que vous sortez tout droit d’un film des frères Coen, comme O’Brother, par exemple ?

Oui, souvent (*sourire*). Les frères Coen ont vraiment fait un excellent boulot en nous étudiant… Sans rire : c’est un très beau compliment que de nous dire cela.

La musique que vous jouez ne reste pas cantonnée au blues mais s’étend aussi vers d’autres territoires … lesquels ?

Dans notre communication nous nous définissons comme groupe de « good ol’ acoustic blues and american roots music ». En guise d’orientation je poserais deux jalons, à savoir le jeu en acoustique et la période des années 1920 aux années 1940/1950 environ. A peu près toutes les musiques non électriquement amplifiées jouées durant ces années sont susceptibles de passer à la sauce Arkadelphienne. On parle bien sûr du Blues sous toutes ses facettes, mais aussi de la Country Honky Tonk, du Bluegrass, de la musique Old Time, du Western Swing, du Gospel et même d’un petit peu de Jazz. Hors du cadre du groupe les goûts, affinités et activités des membres sont encore plus éclectiques et vont du Rockabilly au Reggea et du Be Bop au Heavy Metal.

Avec qui rêveriez vous de jouer ?

Ils et elles sont nombreux et nombreuses ! Pour moi, je pense en particulier à Steve James, Del Rey, Veronica & The Red Wine Serenaders, et Duke Robillard.

Ou rêvez vous de jouer ? A quand une tournée américaine ?

Pour le moment, chaque engagement dans un festival ou club d’une certaine envergure et réputation, en Suisse comme à l’étranger est un petit rêve qui se réalise. S’il fallait rêver grand, avoir du succès au Etats-Unis et être reconnus pour la qualité et pertinence de notre musique serait fantastique. Nous sommes donc ouverts à toute proposition pour une tournée américaine.

Quelle est votre actu 2015 ? On peut vous retrouver ou sur scène ? Cd’s, albums, vinyles ?

Après un hiatus de quelques mois pour raisons hors de notre contrôle nous relançons la machine et cherchons activement des dates et engagements pour 2015. Nous avons d’ores et déjà quelques concerts de prévu en Suisse Romande mais sommes très motivés pour faire de 2015 une année de retour sur scène. Nous démarrons également un projet d’album pour cette année. Pour plus de détails voir notre nouveau site web (www.floydbeaumont.com) et s’inscrire à la liste de diffusion.